J’ai quitté un homme violent. La justice a donné la garde des enfants au père

Nous avons reçu ce témoignage et nous le publions.

Manderley et Alex Vigne

J’ai quitté mon mari pour sa violence, son addiction pornographique, son infidélité et j’en passe. Il est cadre supérieur et présente très bien. Je suis une ancienne cadre commerciale, mère au foyer depuis la première grossesse. Il ne s’est jamais occupé des enfants sauf lorsqu’il y avait des invités à la maison ou lorsque nous étions conviés à des soirées. Mais personne n’était dupe je crois, car les enfants ne changent pas leur comportement, eux.

Et avant que je devienne « une femme divorcée » tout le monde trouvait cela normal que mes enfants soient toujours « dans mes jupons ».  Avant d’être « une femme divorcée » tout le monde trouvait normal que ce soit moi qui m’occupe toujours des enfants. La maman qui ne travaille pas, la maman qui organise les fêtes d’anniversaire, les Noëls, le quotidien, la maman qui soigne, qui console, qui apprend à faire du vélo, la maman qui fait 6 fois le trajet école/maison par jour, qui partage, celle qui sait tout, celle qui fait tout, celle qui ne dort pas si l’une des deux ou les deux sont malades et celle qui envoie les enfants dans leurs chambres avant que les coups ne pleuvent. Je suis une bonne maman.
Quand j’ai annoncé à mon mari que cette fois-ci je partais pour de bon, il m’a annoncé le lendemain que j’avais une semaine pour déguerpir avec MES gosses. Il était prévu, convenu depuis toujours que je retourne dans ma région, la région où les filles sont nées, où nous avions tous vécus. Mais chassée en une semaine à un mois de la fin de l’année scolaire, je n’avais pas pu organiser correctement mon départ. Alors j’ai pris un appartement  pas loin, récupérant mon ainée détruite par la manipulation de son papa un week-end sur deux. Puis quand j’ai pu, je suis partie avec les filles, comme à chaque fois, comme ce qui était convenu.
Est arrivée la non-conciliation. La juge aux affaires familiales nous a entendu tous les deux. Elle laissa la situation telle qu’elle était, appuyée par les attestations de monsieur qui me laissait les enfants, même s’il avait changé d’avis à la dernière minute en exigeant la garde lors de la non-conciliation. Elle demanda une enquête sociale, et une analyse psychologique pour vérifier si l’addiction pornographique de monsieur était un problème pour élever les deux petites filles. Elle ne prit pas en compte la violence (deux certificats médicaux et un dépôt de plainte) et un enregistrement où il admet avoir insulté les petites, les traitant de putes et de connes.
L’enquête sociale eu lieu. Puis enfin la psychologue… Pendant qu’elle m’interrogeait j’ai senti tout de suite que mon affaire était déjà jugée par elle… La violence, elle n’a pas voulu pas en parler, l’addiction et ses conséquences non plus. L’infidélité n’était même pas abordée, d’un revers de la main, elle changeait de sujet, pour s’attarder sur mon ancien travail uniquement. J’étais coupable ! Mais de quoi ??? Quand elle nous reçut tous les deux à la fin du rendez-vous, il s’énerva immédiatement et à ma grande surprise, car jamais, au grand jamais devant un tiers il ne le faisait. Il s égosilla, se leva, marcha de long en large comme il le faisait avant de me frapper DEVANT LA PSY qui se contentait de noter. Alors je la pris à partie : mais regardez ! Elle nota. Il m’accusa de mentir et que j’avais fait « des pipes à mes témoins ». – Tu es ridicule ! Regardez ! Ne dites pas que c’est normal ! … Elle nota et elle conclut par « bon, on ne trouvera pas de solution. »
Quand les rapports furent rendus, les enquêtrices ont dit que j’étais une bonne maman, ont relevé que le père me dénigrait devant les enfants, qu’il avait tendance à idéaliser sa vie actuelle et que les filles avaient été témoins des violences conjugales. A l’opposé l’expert psy décrit mon mari comme un père merveilleux ,et finalement ne lui posa qu’une unique question sur la pornographie : « vous regardez des films porno ? ». – Oui. Rien sur les violences, rien sur ses 4 heures de porno par jour, rien sur les insultes. Elle retranscrit juste ses propos. Elle ne retranscrira pas les propos de la plus petite, elle écrira juste que ma fille a « vu des violences entre ses parents ». Elle dira que je suis névrosée, hystérique, que je souhaite exclure le père car je dis « MES enfants ». Elle retranscrira cela en coupant ma phrase qui était : « ce sont mes enfants, c’est moi qui m’en suis toujours occupés, je ne les ai jamais insultés de pute et de conne moi ».
Mon ex mari a ensuite fait un référé en réclamant une baisse de la pension et la garde des enfants en instrumentalisant cette « analyse psychologique ». Cela faisait un an que nous vivions chez ma mère. Oui, j’avais fait le choix de vivre dans une maison spacieuse, avec jardin, où les enfants avaient vécu à plusieurs reprises plutôt qu’un logement HLM. J’ai apporté comme preuve pour le référé une attestation de la directrice disant que j’étais une bonne mère, que monsieur jusqu’en avril n’avait pas interrogée sur le suivi scolaire. J’ai apporté aussi des mails où il avoue son addiction pornographique et qu’ il veut d’ailleurs se faire suivre pour ça, un mail où il dit que je suis une mère formidable. Un dépôt de plainte pour non-présentation d’enfant, des attestations prouvant qu’il continuait à me dénigrer. Lui était parti vivre chez sa maitresse qui a des enfants, dans autre ville, inconnue des filles et qui a demandé aux enfants de l’appeler maman.

LE VERDICT est tombé : les enfants vont vivre chez leur papa. Parce que j’ai voulu exclure le père, parce que les violences ne sont qu’une manipulation.
C’est lui qui m’apprit le verdict. Effondrée ? NON, il n’existe pas de mot pour exprimer mon ressenti.
Quand il est venu chercher les enfants, il fit un truc qu’il n’avait plus osé faire depuis que j’étais partie, il s’approcha de moi pour réclamer les carnets de santé qui étaient A LUI ! Je pus à peine dire au revoir aux filles, qui avec leurs sacs à dos étaient… Désemparées… Il les mit dans la voiture, lui s’installa près d’une grille et me regarda pleurer dans ma voiture.
J’ai fait 3 appels en urgence. Tous refusés. Puis je suis passée en appel normal il y a 3 mois, à ce jour j’attends toujours le résultat. Il m’accuse de vouloir l’exclure et se vante que les filles sont heureuses chez lui. De mon coté, j’ai apporté des aveux par mails des violences.
Sans LES filles pour la première fois de nos vies. J’ai pleuré, les mois se sont écoulés. Perdue, n’existant plus. Un mal de ventre ne me quitte plus, les nuits je pleure, le jour je quitte mon travail pour pleurer dans ma voiture. Parfois même alors qu’elles sont à 800 kilomètres, je sens qu’ elles ne vont pas bien, alors les premiers mois je téléphonais, chaque fois que je pouvais les avoir au téléphone cela se confirmait. Elles n’étaient pas bien, je le sentais. On se retrouve pour les vacances, là, dès que je les vois tout semble redevenir normal, tout disparaît. Les premières minutes elles me disent que ça va, puis les jours passent et les malheurs du quotidien là-bas font surface. Elles ne veulent rien commander à Noël, elles vont demander au père Noël de rentrer à la maison : « avec la magie de Noël ça va marcher maman ! ». Il a soulevé la dernière par les cheveux pour avoir utilisé le dentifrice d’un garçon de sa compagne, il les laisse seules à la maison, demandant à un des voisins de les surveiller quand il sent que ça ne va pas bien se passer. Je leur manque, elles n’ont pas le droit de parler de moi, je suis une pute et une conne, les filles aussi, insultées aussi par leur belle-mère et ses fils. Il refuse de me les passer au téléphone. Après de nombreux courriers de mon avocate il a accepté que je leur parle une fois par semaine, sur haut parleur et en temps limité. Mercredi dernier, l’ainée n’était pas bien (je l’ai entendu tout de suite), elle me parla de l’équitation, puis après un « tu me manques » elle dit :
« Je veux te dire un truc mais je ne veux pas que papa entende, il va me disputer…
– Allô, allô ? »
Plus personne au bout du fil… J’ai rappelé… Pas de réponse.

Je ne reverrais mes petites filles que dans 2 mois.
Au début quand elles sont parties, je criais juste au secours, je me suis installée devant le tribunal une journée, un panneau et un masque sur le visage. Je n’avais pas d’objectif, je ne savais pas quoi faire de moi, sans elles. Les mois sont passés et je vois bien que c’était un appel au secours, je demandais de l’aide. Comment peut-on nous faire cela ?! Les innocents ce sont nous ! Je suis maman ! On ne peut pas retirer les enfants d’une mère, même les animaux les plus féroces sont avec leurs enfants ! On est venu me récupérer devant le tribunal, on m’a demandé de faire profil bas, que tout allait s’arranger. On m’a dit de comprendre, tu vis chez ta mère et il a beaucoup d’argent. On m’a dit de vivre, parfois de me battre.
Vivre, vivre comment ? Je ne sais pas vivre sans elles, elles ont fait de moi une mère, il n’y a pas de mots pour les mères sans enfant. Il n’y a pas de mot car il n’y a pas de vie. Quand je vois des enfants, j’ai les mains moites, une boule s’installe dans ma gorge. JE VEUX MES ENFANTS, les sentir, les toucher, les entendre, je suis une bonne maman. Je jalouse parfois ces mères et je voudrais savoir comment elles ont réussi, elles, à garder leurs petits. Aidez-moi.
De bonne épouse, bonne mère, je suis devenue la femme à abattre.
J’ai quitté un homme violent. Parce que j’ai quitté un homme violent la justice a donné la garde des enfants au père.

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4 réflexions sur “J’ai quitté un homme violent. La justice a donné la garde des enfants au père

  1. Je ne peux que comprendre ce que vous vivez car j’ai vécu exactement la même situation, mais nous vivions à 300 kilomètres l’un de l’autre et je voyais mon fils un week-end sur 2 et la moitié des vacances. Je sais les nuits à ne pas dormir, cherchant des raisons,s’inquiétant pour notre enfant et trouver une solution pour les mettre en sécurité. Mon fils avait 4 ans quand j’ai quitté le père pour violence sur les enfants ( il a une fille d’une première union que la mère à abandonné ) et sur moi, addiction alcool et drogue. Violent physiquement et psychologiquement, manipulateur, il a demandé la garde pour que je revienne. La juge aux affaires familiales m’a dit que je savais comment il était alors pourquoi partir maintenant. Il m’a fait passer pour une hystérique instable. Je suis partie avec mon fils, chez ma soeur, il n’est pas venu le voir jusqu’au jugement pour dire que j’avais empêché qu’il voit son fils. Passant donc pour la mauvaise mère qui a quitté le domicile et qui voulait couper les liens père fils ils n’ont pas voulu me croire pour le reste malgré qu’il venait d’être condamné à de la prison ferme et il avait et à tjs un casier judiciaire pour violence conduite sous emprise de stupéfiants et d’alcool. J’ai aussi jalouse ses mères qui avaient leurs enfants près d’elle et qui énervait parce qu’il y avait un retard de pension. J’ai jamais lâché jamais. Mon médecin voulait me donner des anti stress mais j’ai refusé préférant de plus dormir et avoir une tension élevé plutôt que d’imaginer une seule seconde que je pourrais laisser tomber. Aujourd’hui, après avoir tentée plein de démarche, mon fils vit chez moi depuis plus d’un an, il a vécu des choses inimaginables, j’en apprend tous les jours, j’ai appris qu’il est arrivé que si la grand mère ne s’était pas interposé mon fils  » ne serait plus la »( je reprends les mots avec lesquels il me l’a dit! Une fois en ramenant mon fils un dimanche soir j’ai véritablement péter un câble une fois que je me suis retrouvé seule et la j’ai compris que je ne lui laisserait plus jamais avoir une quelconque emprise sur moi, un an après mon fils me revenait! Sa nouvelle compagne à témoigner contre lui lors de l’enquête sociale qui fut demandé car j’avais relancé une procédure jaf. Faire appel est inutile mieux vaut attendre quelque temps avoir un nouvel élément et relancé un procès. Aujourd’hui il a 4 enfants en tout ,mon fils a 10 ans, il ne voit que son père 1h30 par mois dans un lieu médiatisé et ses 3 autres enfants sont places en famille d’accueil et il ne les voit également qu’en médiatisé. Je pensais que j’étais une des seules à vivre ça et ça me désole de voir que non. Je sais aussi la honte qu’on ressens et ce devoir d’expliquer que non nous ne sommes pas de mauvaises mères mais juste des victimes d’une erreur judiciaire et que nos enfants sont les principales victimes. Soyez courageuse le combat est long et sans aucun répit, sachez reprendre l’énergie dans les moments que vous avez avec vos filles et transformez votre colère en arme de guerre contre ce pervers narcissique. Je vous envoie mes énergies positives!

  2. J ai vecu cela aussi
    3ans de terreur supplementaire pour notre fils et moi . Mais quand il a eu 14 ans l enfant a ecrit au juge .
    Le soir du jugement me donnant la garde
    .l enfant sest retrouve a la rue avec son seul sac de classe .il m a fait appeler par un copain habitant pas loin je suis benue le chercher il n a plus jamais revu ni voulu revoir son geniteur qu il m a demande d appeler par son seul prenom  » mon pere est mort pour moi » il a 21 ans maintenant

  3. Je n’ai pas été une femme victime mais la fille d’une femme battue et je crois que ma vie aurait basculé si on m’avait séparée de ma mère et forcée à vivre avec un père qui me terrifiait. Je n’ai pas de mots assez forts pour décrire la révolte que m’inspire votre histoire. Tout mon soutien à vous et à vos filles.

  4. Votre récit me fait froid dans le dos!
    Je viens de quitter mon mari violent je suis actuellement dans un foyer avec mon fils de 3 ans et malheureusement il a gardé notre fille! J’ai tout fait pour la récupérer mais impossible et quand j’ai ma fille au telephone il lui fait dire des horreurs a mon sujet.
    Etre sans elle est un déchirement, je pleure tout les jours surtout qu’elle doit se sentir abandonnée. A seulement 6 ans être sans sa maman et vivre avec un papa dont on a peur et qui dénigre sa maman c’est trop lourd a porter pour un si petit bout de petite fille de 6 ans.
    15 ans! 15 ans de ma vie a espérer qu’il change, a tout lui donner, a lui donner mon amour, mon énergie TOUT! jusqu’à ce jour ou il a frappé mon fils a plusieurs reprises en plein visage, j’ai courru et j’ai vu cette petite bouille de 3 ans partir en arrière sous les très fortes gifles!
    Moi il ne travaille pas et ne veut ^pas travailler! Il a téléphoné il y a 2 jours chez ma mère pour dire qu’il est OK pour me laisser la garde de la petite a condition que je lui donne 20000€! quel genre de père peut monnayer son enfant?!
    Je suis anéantie, abattue, il a fait de moi un champ de ruine et seul le sourire de mon fils me donne la force de me battre! mais être aussi loin de ma princesse est tellement dur, je pleure tout le temps.
    A 33 ans je n’ai jamais travaillé car Mr ne voulait pas, je n’avait même pas le droit de sortir seule chercher du pain a la boulangerie située a 20 mètres de notre domicile ni même d’aller chercher mes enfants à l’école. Il m’a emmenée vivre a 1000km de ma famille pour m’isoler, j’étais jeune il y a une différence d’Age entre nous il st plus vieux de 15 ans et je l’ai laissé prendre le contrôle totale de ma vie.
    Je n’avais même pas droit d’avoir mes propres opinions ni même d’avoir des amis.
    J’ai essayé de trouver un arrangement avec lui, de lui dire que je ne veux pas l’empêcher de voir ses enfants mais lui son seul but est de me détruire même si cela passe par la destruction de nos enfants.
    J’ai découvert que les hommes comme lui avaient un nom, pervers manipulateur narcissique et quand je lis la description cela correspond mot pour mot a ce qu’il est.
    Lui aussi est accro a la pornographie, il ne me faisait pas l’amour il me baisait tout en ayant les yeux rivés sur son film X, j’étais réduite a l’état de poupée gonflable!

    J’ai enfin eu la force de le quitter mais sans ma fille je me sens comme coupée en deux, c’est horrible!
    Mon avocat,les AS et la police m’assurent que j’aurai la garde de mes enfants, surtout qu’apparemment le tribunal ou sera jugée l’affaire ne plaisante pas avec ce genre d’affaire c’est le tribunal le plus sévère de France.

    Il a même gardé tout mes papiers ce qui rend encore plus compliquées toutes mes démarches heureusement que je tombe souvent sur des gens compréhensifs qui essaient de m’aider au mieux.

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